La fausse préparation – une technique d’écriture avancée

La fausse préparation – une technique d’écriture avancée

Quel meilleur sentiment y a-t-il que d’anticiper la façon dont notre protagoniste préféré va s’en sortir, pour au final se rendre compte que l’auteur nous avait préparé quelque chose de plus magistral encore ? Et bien, c’est ce que je vais t’apprendre à faire dans cet article ! 😁

Une préparation ?

Pour ceux qui ne seraient pas encore familiarisés avec la notion de préparation et de payement (setup et payoff en anglais), il s’agit d’un concept très important pour la structure d’une histoire.

Pour faire court, une préparation est un indice ou une action, qui permet de préparer le terrain pour un évènement futur : le payement. Les deux vont donc de pair.

Une action « payement » qui a été préparée avec soin tout au long du récit sera d’autant plus crédible et satisfaisante.

Et, selon Tchekhov, chaque préparation DOIT donner lieu à un payement ; autrement, c’est une promesse non tenue.

préparation et payement écriture

Petit exemple pour bien comprendre :

Voici un exemple issu d’une saga bien connue : Harry Potter ! Plus précisément, du 3e tome.

Préparation : Hermione arrive à se trouver à des endroits où elle n’aurait pas dû être, et à suivre des cours apparemment au même moment.

Payement : On apprend que McGonagall lui a prêté un retourneur de temps pour qu’elle puisse assister à tous ses cours, objet qui leur sera utile dans toute la fin du tome !

La fausse préparation

Venons-en au cœur de cet article : la fausse préparation.

Il s’agit de « tromper » le lecteur en lui faisant miroiter un dénouement probable pour le surprendre au dernier moment avec résolution. Il ne s’agit pas forcément de la fin d’un livre ; ça peut être le dénouement de n’importe quelle scène ou problème qui se pose aux héros.

Pourquoi faire tout cela ? À la fois pour créer de l’anticipation (le lecteur pense savoir ce qui va se passer, et ça le motive à lire la suite), mais aussi pour agréablement surprendre le lecteur (le dénouement est mieux que ce qu’il espérait).

Bien réaliser cette technique

Il y a donc deux conditions pour que cette technique ait l’effet escompté.

La première, c’est de créer une réelle attente chez le lecteur. Il faut donc que les préparations soient assez évidentes − et pas seulement un vague foreshadowing.

La seconde, c’est d’avoir une meilleure solution en réserve. Et oui ! Il faut que le dénouement alternatif que tu proposes soit meilleur, que ce soit d’un point de vue thématique, vis-à-vis du personnage, ou tout simplement parce qu’il a été mieux préparé tout au long du récit.

Dans le même thème :  L'Art des Structures Cohérentes : la Méthode de la Brique

Un exemple pour la route !

Restons dans le domaine des œuvres connues, avec le Seigneur des Anneaux.

Depuis le début de la trilogie, on montre que Frodon a un cœur pur. On nous prépare donc à ce qu’il réussisse là où tant d’autres ont échoué : avoir la force de ne pas se faire corrompre par l’anneau, et réussir à le détruire dans les flammes du Mordor.

volcan mordor

Mais au final, même lui finit par se faire corrompre. La force de l’anneau unique est trop grande, et au dernier moment, il ne peut se résoudre à le détruire, comme Isildur avant lui.

La vraie fin, bien sûr, c’est la destruction accidentelle de l’anneau par Smeagol, alias Gollum, après avoir coupé le doigt de Frodon. Cette fin avait été préparée tout au long de la trilogie, avec l’obsession de Gollum pour l’anneau. Elle permet aussi, dans les films, de boucler avec la première scène, où Sauron est vaincu une première fois en perdant son doigt.

Ce dénouement insiste aussi davantage sur l’un des thèmes centraux de son œuvre : la corruption du pouvoir. Même un cœur pur ne peut y résister. Tolkien a joué sur nos attentes tout au long du film, pour au final nous proposer une fin plus en accord avec ce qu’il souhaite dire.

Une façon simple d’utiliser cette technique

De façon générale, plus on sépare la préparation du payement, et mieux c’est. Un dénouement préparé à l’avance sera vu comme plus crédible et satisfaisant − et surprendra davantage le lecteur, qui aura peut-être oublié certains atouts dont dispose le héros. L’impact est juste moins fort si tout est condensé.

Cependant il y a une exception : faire une fausse préparation juste avant l’action est un très bon moyen de tromper le lecteur.

Le but ici est de montrer un gros problème auquel nos protagonistes sont confrontés, mais pour lequel une solution évidente vient d’être préparée. Par exemple, un nouveau pouvoir pourrait permettre au groupe de se sortir de ce mauvais pas.

On va laisser lentement la situation se détériorer, en jouant sur les attentes du lecteur. Il va comprendre, au fur et à mesure, que la préparation récente est LA seule solution à ce problème, et que sans elle, c’est sans espoir.

Puis, au dernier moment, cette solution miracle va échouer, ou va se montrer inutile en pratique. On a nourri un espoir pour le briser, et le lecteur se met soudain à craindre pour ses protagonistes. Il les pensait hors de danger en ayant deviné comment ils allaient s’en sortir, mais les voilà pris au piège !

Et c’est à ce moment que les héros vont se débrouiller pour apporter une meilleure solution, moins évidente et préparée depuis plus longtemps, qui va demander davantage de réflexion et créativité de la part des personnages.

faux setup situation désespérée

Le dénouement sera plus satisfaisant, non seulement parce que tu auras davantage espacé ta préparation et ton payement, mais aussi parce que tes héros ont vécu plus de difficultés.
Si la première solution auquel pense le lecteur fonctionne, l’aventure à l’air moins difficile, et le succès sera donc moins satisfaisante !

Dans le même thème :  Comment écrire un roman (les grandes lignes)

C’est une solution plus facile pour utiliser la technique de la fausse préparation, car ça te demande seulement de préparer le vrai dénouement en amont, et pointer vers la fausse solution juste au dernier moment.

Conclusion

Si tu as déjà remarqué cette technique dans l’une de tes lectures, tu peux me l’indiquer en commentaire ! Brandon Sanderson l’utilise assez régulièrement, et c’est en lisant ses livres que j’ai eu l’idée de cet article !

Si cette technique t’a plu, essaye de l’appliquer une fois dans ton prochain roman.

C’est tout pour moi ! D’ici la prochaine, porte-toi bien !

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