Interview d’Aidan Fox, auteur de Fantasy

Interview d’Aidan Fox, auteur de Fantasy

Voici une interview que j’ai fait d’Aidan Fox, un auteur auto-édité. Tu peux retrouver ses œuvres sur Amazon.

L’interview d’Aidan Fox

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Retranscription de l’interview

Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

Aidan Fox : Oui ! Je suis Aidan Fox, écrivain de Fantasy − essentiellement. Je suis aussi dessinateur et éditeur sur quelques œuvres depuis l’an dernier. Donc oui, mon domaine de prédilection c’est la Fantasy, et actuellement j’ai trois saga − et le début d’une quatrième − qui sont :

  • Les murmures du Shar, qui est une saga de Fantasy Épique qui se passe dans un monde souterrain, où l’on suit une héroïne en quête de vengeance
  • La fille de l’eau, qui est plutôt Fantasy et steampunk ; entre magie de l’eau et course de véhicule
  • Le troisième qui est plutôt une Dark Fantasy ; cette fois, on est sur un thème de démons, qui cherchent à échapper aux enfers. Un peu plus public averti celle-ci

Tu m’as dit que tu dessinais. Est-ce toi qui fais les illustrations de tes couvertures ?

Aidan Fox : Pas du tout ! Pour les couvertures, je travaille avec des illustratrices, qui vont un super boulot − pas toujours les même d’ailleurs. Ça m’arrive de faire les dessins de base sur lesquelles elles travaillent, mais pas pour les dernières couvertures, où c’est plutôt un photomontage parce que c’est un site graphique de photomontage. Par contre, j’aime bien dessiner sur papier, donc en général je les numérise et les insère dans mes œuvres en début de chapitre.

Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir écrivain ?

Aidan Fox : J’ai une réponse d’auteur classique : j’ai commencé assez tôt, j’ai toujours eu un peu l’envie… En fait, mon dada premier c’est le worldbuilding (la création d’univers). C’est plus le genre artistique que le média. Donc, la création d’univers.

Quand j’étais petit, j’ai joué à plein de jeux de figurines, jeux vidéos, vu des films, vu des romans, écris deux ou trois histoires… C’était sur plein de médias différents. J’adorais créer, construire un univers, construire des personnages et des passés, faire du jeu de rôle…

Finalement, je me suis emparé du format roman parce que j’avais une appétence particulière pour l’objet littéraire − le format texte, et aussi parce que c’est à peu près le seul média sur lequel je peux travailler tout seul. Tu ne fais pas un jeu vidéo ou un film tout seul − même une BD. Alors que le roman, tu peux avancer à ton rythme, faire tout seul de A à Z.

Donc faire [ton art] seul était quelque chose qui t’intéressait ?

Aidan Fox : Tout à fait ! Déjà, parce que j’aime équilibrer avec mon autre activité professionnelle. J’ai besoin de cet équilibre, de pouvoir avancer à mon rythme, lever le pied si j’ai des impératifs de l’autre côté, mettre plus d’énergie quand j’ai plus de souplesse… Ce sont des éléments qui sont rentrés en ligne de compte très tôt et qui m’ont vraiment guidé vers ça.

Qu’est-ce qui t’a poussé vers l’auto-édition ?

Aidan Fox : Ça n’a pas été un choix super conscient au départ. Le mec est complètement à côté de la plaque. *rires*. Non, au départ j’ai commencé sur Amazon KDP parce que j’avais quelqu’un qui bossait chez Amazon dans mon entourage et qui m’a dit « regarde, va sur KDP c’est trop génial » !

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Donc j’avais essayé. Je me suis dit « qui ne tente rien n’a rien ». J’ai des livres à peu près propres, alors je me suis dit « je les finis et je tente l’expérience ». En parallèle je m’étais mis à la recherche de maison d’édition, parce que je n’étais pas forcément penché sur cette solution d’édition (l’auto-édition). Finalement, je les ai sortis moi-même, comme ça [sur KDP]. J’ai pris goût à l’aventure entrepreneuriale, sur laquelle j’ai certaines appétences aussi. À développer [son lectorat], à faire de la comm − même si ça, quelque que soit la forme d’édition il y en a besoin. Un artiste aujourd’hui doit apprendre à faire de la comm, un peu de comunity management… Aujourd’hui, il y a un attachement du public à l’artiste tout autant qu’à son produit artistique. Donc l’artiste est plus ou moins obligé de faire du personal branding − donc de vendre son image. Oui, c’est du vocabulaire très commercial et marketing, mais il faut aussi le préciser de temps en temps.

Après ce début

Aidan Fox : Donc moi [l’auto-édition] m’a plutôt plu, j’ai commencé à faire mes premiers salons… Et surtout, je me suis rapproché d’autres auteurs. J’ai intégré une association qu’on a montée à peu près à ce moment-là − en 2017. On était tous des auteurs indépendants de l’ouest. On s’est vu, on a commencé à participer à des salons ensemble, on a commencé à faire plein de trucs ensemble. Et honnêtement, si on n’avait pas été nous ensemble comme ça, on n’aurait jamais fait autant de choses. Donc ça nous donne de la force, et ça pousse sur le projet. Moi, ça m’a permis de construire mes choix éditoriaux, commencer à en parler et construire ma communauté. Petit à petit, ça s’est construit. Et aujourd’hui, quand je suis fatigué, je me dis que j’aimerais bien que quelqu’un m’aide sur ce projet et m’aide sur certains aspects ; parce que c’est lourd à porter tout seul ! Mais c’est un choix conscient aussi parce que c’est le choix de la liberté.

Pourquoi utilises-tu les plateforme de financement participatif ?

Aidan Fox : Je suis quelque de touche à tout : j’ai bien testé les différents circuits de distribution. Le circuit de distribution roi pour l’auteur indépendant, c’est Amazon et l’ebook − si vous avez de la chance ! Autrement, même s’il y a tout ce qu’il faut, une belle couverture, beau résumé, de bons efforts de publicité, que tout est propre, le genre bien ciblé, le marketing est là, il y a toujours un facteur chance…

Par exemple, j’ai un livre qui est sorti le jour du 2e confinement. On ne l’a su qu’une semaine à l’avance. Du coup, ce jour-là, plein d’auteurs ont fait des promos. Donc le jour de la sortie, les efforts de push ont été enterrés immédiatement, donc le livre ne marche pas…

C’est vraiment une question de chance des fois, dans le milieu traditionnel, mais aussi dans le milieu de l’auto-édition − il ne faut pas se leurrer. Donc, dans Amazon, il y a quand même une grosse partie de chance. Même si vous pouvez faire beaucoup de formations et vous améliorer, vu que l’édition est un secteur pauvre, [c’est compliqué]. Ça fait 20 ans qu’il y a un peu d’inflation, et on paye toujours les livres aussi cher. Un livre de poche coûtait déjà 6 ou 7 € il y a 20 ans − à l’époque, ça valait plus cher qu’un paquet de tabac, contre la moitié du prix aujourd’hui. C’est un secteur pauvre, donc les acteurs se partagent un peu le gâteau. Plus un secteur est pauvre, plus le facteur chance est important − quel que soit le circuit de distribution.

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Le crowdfunding

Aidan Fox : Bref, j’en reviens au propos. Je suis suis un peu touche à tout niveau circuit de distribution. Il y a le circuit Amazon − sur lequel je n’ai pas très bien marché au début, à part un titre l’an dernier. Le circuit des salons et de la communauté : ça, c’est du petit à petit, c’est très long terme − et moins de facteurs chance. La boutique en ligne est aussi liée à ça, à la communauté que j’ai bâtie sur les réseaux. Donc ça c’est le circuit de distribution auprès de ma communauté, en direct, et qui culmine avec l’effort du crowdfunding qui ajoute une dimension supplémentaire par rapport à la vente en ligne ou en salon : le temps limite.

Une campagne de crowdfunding sur un mois, il y a un objectif, la comm ciblée, ils en entendent parler… Et un sentiment d’urgent − il faut l’acheter maintenant. Tout ça fait que c’est un circuit de distribution idéal une fois qu’on a une certaine communauté. C’était mon cas avec ma première campagne que j’ai fait l’an dernier − qui a très bien marché, presque 10 k€. J’ai fait 450 dédicaces − oui, c’est ça la contrepartie. Le crowdfunding est un travail de DINGUE, parce que là, j’ai fait 150 cartons, 450 dédicaces, goodies à mettre ; sans parler de l’effort de promo, la préparation (faut faire une page qui soit propre), maîtrisez les outils de pub.

Voilà, c’est beaucoup, beaucoup de travail, mais la récompense est vraiment là. Financièrement déjà, parce que c’est le circuit le plus lucratif pour moi. Et ensuite parce que c’est sympa d’avoir le retour en direct des acheteurs, des lecteurs… C’est toujours un bon moyen d’échanger, de se motiver. Alors que sur Amazon par exemple, on est beaucoup plus loin du lecteur. Certains commentaires ne sont pas les meilleurs vecteurs de communication du monde, c’est pas le top !

La distribution

Aidan Fox : Le dernier circuit, c’est celui que j’aborde depuis l’an dernier. J’ai contractualisé avec un distributeur qui me permet d’amener des livres jusqu’en librairie. Et celui-là, c’est clairement celui sur lequel je gagne le moins d’argent. Là, avec l’augmentation du prix du papier − qui explose depuis fin 2021 −, je suis en train d’arriver au seuil de rentabilité. Ce qui veut dire que la part libraire plus la part de distributeur, plus la TVA, plus l’impression donnent le prix du livre. L’impression, qui prenait 20 à 25 % du prix du livre est passée à 30/35 %. Je gagne moins d’argent avec ce circuit, c’est un travail de fou… Je le déconseille à tout auteur indépendant. C’est jouer dans la cour des grands − et dans la cour des grands, il y a des gens qui veulent vous bouffer quoi !

Moi j’ai des libraires qui me disent qu’il faut être au niveau par rapport aux maisons d’édition, augmenter la qualité du papier… Je fais « Ok les gars ; mais moi déjà j’ai pas leurs moyens, je suis à peine rentable sur un livre : comprenez mes impératifs économiques. Si c’est un jeu où y’a que des gros poissons, vous pouvez pas me demander d’être au niveau des gros poissons ». Parce qu’on n’a pas les mêmes moyens. Et puis j’ai PSA le temps ; enfin, je suis tout seul ! Enfin bref, c’est le circuit le moins gratifiant pour moi, pour l’instant. Même si c’est gratifiant d’avoir des petites story de gens qui me mentionnent en mode « Oh, y’a un de tes livres dans tel Leclerc ». Et moi je suis content, parce que je ne sais pas qui mon distributeur démarche et où il place des livres. Donc voilà, je suis content de voir ça, mais ça doit s’inscrire dans le long terme. Peut-être que j’aurais un regard différent dans quelques années.

Es-tu confronté à la page blanche ? Si oui, comment gères-tu cela ?

Aidan Fox : Alors, la réponse est : pas du tout ! Jamais ! Ça ne m’est jamais arrivé. Déjà parce que j’ai pas mal de trucs à équilibrer dans la vie. Les sessions d’écriture sont des moments un peu rares. Donc clairement pas perdus ; y’a un sentiment de « faut écrire », quoi ! Avancer.

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Je pense qu’il y a pas mal d’auteurs dans ce cas-là et qui ont quand même la page blanche. Mais moi, d’une j’ai trop d’idées pour le temps que j’ai à y passer. Et de deux, un gros projet constitué d’un grand nombre de sagas − 8, en l’occurrence − et j’en aie écrit que 4. Les idées sont déjà là pour les 4 autres. J’ai encore quatre séries à écrire, une dizaine de bouquins à sortir… Les idées sont là ; il ne me manque que le temps que je me pose et que j’avance. L’intrigue, les personnages, les mondes : tout est déjà prêt dans ma tête !

Donc non, je n’ai pas la page blanche, parce que j’ai tout ça à avancer !

Quelle a été ta plus grosse difficulté sur ton parcours d’auteur ?

Aidan Fox : Pas facile comme question… LA plus grande difficulté… Je pense que c’est les retours et commentaires négatifs. Aujourd’hui, je me suis débarrassé de cette difficulté en ne lisant plus les commentaires !

Tant pis ; même si j’ai une écrasante majorité de commentaires positifs, je ne les lis plus. Pour me préserver de la poignée de commentaires négatifs, qui malheureusement me minent. Ça me reste en tête pendant des mois. Genre un commentaire négatif, même s’il n’est pas argumenté, même s’il est à chier, même s’il a juste dit « c’est tout pourri, allez plutôt regarder ça, parce que franchement ça ne vaut pas le coup » − voir méprisant et insultant, y’en a sur internet −, moi ça me défense la tronche. En vrai… C’est capable de nuire à ma créativité et à ce que j’ai envie de diffuser.

Donc je préfère m’en préserver comme ça. C’est ma plus grosse difficulté, parce que souvent, en tant qu’artiste, on est des personnages assez sensibles ; et cette sensibilité nous rend plus vulnérables à la critique. C’est un peu le côté à la fois pervers et super chouette de l’auto-édition. Le côté producteur au consommateur apporte précisément un contact direct. On peut avoir les retours en direct − mais quand ils sont mauvais, ça fait d’autant plus mal.

Dans le circuit traditionnel, l’éditeur fait pare-feu entre l’auteur − plus sensible − et son lectorat qui peut être très critique.

Un conseil aux jeunes auteurs qui voudraient se lancer ?

Aidan Fox : Oui : ne regardez pas trop les « bons conseils » de tout ce qui se fait sur Instagram, sur les réseaux… Enfin, lisez-les, mais avec parcimonie. Il y a plein d’auteurs qui partagent leur expérience − et plein qui le font bien, avec un ton assez neutre et en rappelant que c’est leur expérience et pas une règle. D’autres n’ont pas une communication aussi neutre.

Ça créer une idée de la recette du succès. « Une œuvre marche si vous faites ça ». Ça marche si vous êtes un commercial et que vous voulez vendre. Mais si vous êtes un artiste qui veut proposer quelque chose de créatif et qui vous sort des tripes, vous n’avez pas le même objectif.

Concrètement, fais attention à tout ce qu’il y a là-dessus. N’en lisez pas trop, parce que ça uniformise beaucoup la culture. On se retrouve avec des trucs tous identiques, tout le monde dit la même chose, regarde la même chose, consomme la même chose, on a moins d’œuvres originales… Et du coup, c’est dommage !

Et voilà !

C’est tout pour cet article. N’hésite pas à me demander en commentaires si tu voudrais que j’interview ton auteur favori !

Je te souhaite une bonne journée, et à la prochaine !

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