Interview de l’autrice AD Martel

Interview de l’autrice AD Martel

Il y a quelques mois de cela, j’ai eu la chance d’interviewer AD Martel. On parle de son parcours en tant qu’autrice auto-éditée à succès ! Elle a notamment écrit les séries Le Secret du Faucon et Les Larmes de Saël, et va bientôt publier un roman steampunk nommé « De Rouages et de Sang ».

N’hésite pas à aller voir son travail directement sur son site web, sa page Facebook ou sa boutique Amazon.

J’avais fait cette interview dans le but d’en savoir plus, d’un point de vue personnel et professionnel, sur le métier d’écrivain. Je ne comptais pas la publier, mais voilà : le hasard des choses a fait que j’ai décidé quelques mois plus tard de lancer un blog. Alors je décide de la mettre en ligne. J’espère que l’expérience d’AD Martel pourra t’être utile !

L’interview d’AD Martel

Transcription – interview d’AD Martel

Qu’est-ce qui t’a amenée à devenir écrivaine ?

AD Martel : En fait, c’était une passion depuis que j’étais enfant. J’adorais écrire, j’adorais lire… J’allais toutes les semaines à la bibliothèque avec ma mère. J’avais accès à plein de cartes de bibliothèque − une pour chaque membre de la famille. J’adorais lire ; je dévorais tous les romans !

J’ai commencé à écrire mes propres histoires en primaire et ça ne m’a jamais vraiment quittée. Sauf que, de manière générale, on dit à tous les enfants qu’on ne peut pas vivre de l’écriture ; alors après, j’ai suivi des études. Et finalement, en devant adulte, je me suis dit : pourquoi ne pas faire ce qu’on aime vraiment depuis le début ?

En combien de temps as-tu réussi à vivre de l’écriture ?

AD Martel : À partir du moment où je m’étais donné l’objectif d’en vivre ? Je me suis dite il y a cinq ans, à peu près, que je voulais me lancer dedans ; mais je ne m’y suis pas lancée tout de suite, parce que je voulais préparer le terrain. J’ai suivi des cours dans un Master en édition − pour être comme un cheval de Troie, comme le milieu d’éditeurs… Et j’ai commencé à écrire pour des concours, tu vois, des petites nouvelles, pour avoir des professionnels qui me donnent leur avis sur ma manière d’écrire et pour m’améliorer.

J’ai aussi mis de côté un petit moment, car je savais que ça allait être difficile. Et il y a deux ans, quand j’ai fini mon contrat, j’ai décidé de ne pas renouveler et je me suis lancée ! Je me suis fixée un an pour avoir un minimum de salaire par mois − en vivant sur les économies s’il le fallait. Voilà : pendant un an je donne tout, et je vois si ça fonctionne ! Donc le vrai lancement, le vrai de vrai, c’était il y a deux ans.

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Quel a été le déclic pour te lancer ?

AD Martel : Tu vas peut-être trouver ça bête, mais c’était un évènement assez traumatisant dans ma vie. C’était au moment de ma grossesse. Mon petit garçon a cinq ans, donc tu vois, ça date vraiment de ce moment-là.

Et en fait, j’ai failli y rester, perdre mon fils… Tous mes organes se sont arrêtés les uns après les autres, c’était quelque chose de très douloureux et de très flippant. Et je me suis rendu compte que le boulot pour lequel je bossais à fond, pour lequel je faisais parfois des heures pas possibles (jusqu’à 22 h/23 h), pour lequel j’étais en burnout tout le temps, en fait, je n’aimais pas ça.

Je n’avais pas la reconnaissance par rapport à tout ce que je donnais. J’ai tout arrêté du jour au lendemain. J’avais peut-être des collègues qui s’inquiétaient, mais ce n’est pas ça qui faisait ma vie.

Je me suis dit que, si je mourais demain, je regretterais toujours ne de pas avoir réalisé mon rêve d’enfant. Le fait d’avoir été si proche de la catastrophe m’a fait réaliser qu’on faisait n’importe quoi avec nos vies, juste pour suivre les normes de la société et ce qu’on attendait de nous.

Décris-nous une journée de travail type

AD Martel : Ah ! Et bien, ça dépend déjà si mon fils est à la maison, ou pas. *rires*. On va supposer que c’est une journée où il est à l’école. Ce sera plus simple.

Alors, une journée classique : Je me lève assez tôt − vers 6 h 30 −, je bosse une petite petite heure, et je m’occupe de mon fils − pour qu’il aille à l’école, etc. Puis, vers 9 h, je reprends l’écriture toute la matinée.

L’après-midi, je me consacre à la création de contenu − par exemple pour les réseaux, la newsletter, la correction, les publicités…

Et puis à 16 h, j’arrête quand mon fils rentre et puis je redémarre à 20 h.

Quels outils utilises-tu ?

AD Martel : J’utilise Word pour écrire. Après, il existe des logiciels comme OneNote pour organiser tes notes − mais moi, je me fais des petites fiches !

Pour les réseaux : Facebook, Instagram, Amazon advertising pour les pubs. Tu peux aussi utiliser des outils qui te permettent de faire ton calendrier de publication pour ne pas devoir les faire en live : Facebook Creator Studio, par exemple.

Pour créer des visuels, Canvea est très utile, ainsi que les banques d’images, comme pixabay, ou d’autres à abonnement comme Adobe Stock. Voilà pour les différents outils !

Pour toi, quelles sont les étapes de la création d’un roman ?

AD Martel : Alors d’abord, il faut faire le scénario. Je pars d’une idée et je la laisse vraiment se développer. J’écris sur un document Word vraiment toute l’histoire. Ça tient en quatre ou six pages − sachant que je me laisse une certaine latitude pour pouvoir modifier au fur et à mesure !

Mais ça, ça dépend aussi de chaque auteur : y’a les « architectes » qui aiment bien tout planifier, et puis les « jardiniers » qui n’ont absolument aucun plan. Moi, j’aime bien savoir de quel point je pars, et jusqu’à quel point j’arrive ; et au milieu, j’improvise un peu !

Une fois que le manuscrit est fini, je le relis une première fois avec un petit coup d’Antidote − un logiciel de correction. Je l’envoie ensuite à mon alpha-lectrice, qui est la toute première personne à découvrir mes écrits.

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Si elle aime bien, je continue ; je vais vraiment corriger à fond. À nouveau antidote, tout relire, changer les répétitions, j’enlève les verbes faibles et un maximum d’adverbes ; pour que la langue soit la plus jolie possible !

Puis, c’est au tour de mes bêta-lectrices − au moins deux vagues, qui passent les unes à la suite des autres pour me dire ce qu’elles pensent du texte.

Ensuite c’est la [dernière] correction, et une fois que c’est validé, je fais moi-même la mise en page pour le livre papier et l’ebook. Et je publie généralement sur Amazon.

Comment surmontes-tu le syndrome de la page blanche ?

AD Martel : En général, j’ai ce syndrome quand je suis débordée et que je suis obligée de m’arrêter d’écrire.

Le cerveau fonctionne comme un muscle : par exemple, si tu as l’habitude de courir tous les jours, tu fais une heure de course sans problème. Mais si tu arrêtes pendant trois mois, pour reprendre une heure de course, je te dis pas ! T’es dans la mouise.

Donc en fait, le cerveau c’est pareil pour écrire : si tu écris tous les jours, régulièrement, t’as aucun problème, t’as pas de syndrome de la page blanche. Mais si tu t’arrêtes, tu vas galérer pendant des jours et des semaines pour reprendre !

Ce que je fais [pour surmonter ça], c’est d’écrire un peu n’importe quoi − pour que le cerveau reprenne des automatismes. Par exemple, ça peut être ma liste de choses à faire pour la journée. Puis j’efface, et au bout d’un moment, j’arrive à écrire la suite du roman ! Progressivement, j’augmente le nombre de pages que j’écris par jour, jusqu’à retrouver mon rythme habituel.

Quelles sont les compétences les plus importantes pour être un auteur auto-édité, d’après toi ?

AD Martel : Il faut déjà être très persévérant, parce que c’est quelque chose de long et de pas du tout évident. Tu as le moral derrière qui peut jouer : tu es tout seul, tu dois absolument tout gérer.

Tu ne dois pas avoir peur de te former ; car tu ne peux pas maîtriser de manière innée l’écriture, le marketing, la promotion… Ce sont des choses qui s’apprennent.

Et aussi la patience, parce que, voilà : écrire un livre ça prend du temps, le faire fonctionner ça prend du temps aussi.

Beaucoup de qualités qui s’apprennent, en fait, même écrire ça s’apprend ! Je n’ai pas commencé à écrire des romans du jour au lendemain.

Quels sont les points forts du métier [d’écrivain auto-édité] ?

AD Martel : Le fait qu’on puisse, en tant qu’auto-édité, s’exprimer pleinement sur les sujets que l’on veut. Ça m’est déjà arrivé, en passant par une maison d’édition, lors de discussions pour des contrats, qu’on veuille gommer tout ce qui n’est pas politiquement correct, on va dire.

Si tu veux faire réfléchir ton lecteur sur des sujets qui peuvent paraître tabous et lancer de vives discussions avec les lecteurs, il y a des choses qui ne vont pas être tolérées [par les maisons d’édition].

Dans mes romans par exemple, je parle de l’homosexualité, de fait de ne pas croire tout ce que la société essaye de te vendre, de remettre les choix politiques en question… Tu vois, si un éditeur accepte tout ça dans son roman, il faut qu’il puisse l’assumer après en public. Alors, il demande souvent [à l’auteur] de gommer toutes ces petites choses.

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L’autre avantage d’être auto-édité, c’est que tu as la main, du début à la fin, sur la publication. Tu peux refuser les suppressions ou les ajouts qu’un éditeur t’imposerait ; et c’est toi qui choisis ton illustrateur.

C’est vrai que j’ai oublié de citer ça dans la réalisation du roman. En parallèle de la correction, j’engage un illustrateur. Je bosse avec lui pendant environ un mois pour obtenir la couverture dont j’ai envie.

Avec un éditeur, c’est lui qui choisit la couverture. Des fois, il demande l’avis à l’auteur ; mais je connais des auteurs qui n’osent pas montrer leurs livres en salon parce qu’ils ont honte de la couverture de leur livre.

Donc voilà, tu as la main mise là-dessus [en tant qu’auto-édité], et si le roman ne fonctionne pas, ce n’est que par rapport à toi. Quant tu es en maison d’édition, c’est elle qui est sensée assurée la promotion − l’auteur peut aider, mais ce sont eux qui sont en charge de ça. Tandis que si ça ne marche pas en auto-édition, c’est par rapport à tout ce que tu fais.

Des fois, il y a un peu ce facteur chance, mais plus tu donnes defforts, plus tu persistes à apprendre de tes erreurs, plus tu vas réussir.

Pour conclure, quels seraient les points faibles du métier ?

AD Martel : Là encore, vu que tu es seul, tu n’as pas de filet de sécurité, quelqu’un qui te dis « tu as écrit ça, mais on pourrait l’interpréter de cette façon et les gens pourraient mal le prendre ». Ça, c’est le travail de l’éditeur − qui a quand même des aspects positifs, je ne dis pas qu’il ne faut absolument pas passer par des maisons d’édition.

En auto-édition, tu dois tout gérer ; donc tu ne peux pas être seulement dans ton petit bureau à écrire, il va falloir que tu assures tout le reste. Des fois, tu es complètement débordé. Par exemple, si tu n’as pas de formation en marketing, tu vas faire une publicité, tu vas juste perdre de l’argent et ne pas attirer de lecteurs.

En fait, en tant qu’auto-édité, tu deviens vraiment chef de ton entreprise. Tu dois trouver le temps pour gérer tout ça, et éventuellement déléguer aux bonnes personnes. Si tu as payé une avance à ton graphiste, et que deux mois plus tard il ne t’a toujours pas payé, tu peux juste pleurer, quoi… Et ton livre ne peut pas sortir ! Tu ne peux te retourner contre personne.

C’est vraiment plein de choses à gérer qui ne sont pas du tout évidentes. Et tu n’as pas du tout la sécurité de l’emploi, du coup !

Et voilà !

C’est tout pour cette interview. Merci à AD Martel d’avoir répondu à mes questions, et avoir partagé son histoire ; le récit inspirant et émouvant d’une femme qui s’accroche jusqu’à réaliser ces rêves !

C’est la première interview que je fais. Je compte en faire d’autres, alors si tu as des conseils à me donner en commentaires, je suis preneur !

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Nouveau sur le site ? Cette page est faite pour toi ! 😉

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