La creepypasta − comment bien l’écrire ? − Défi #6

La creepypasta − comment bien l’écrire ? − Défi #6

Aujourd’hui, on sombre dans les tréfonds d’internet, avec un genre très… particulier : la creepypasta ! Mais il me tient à cœur ! Je lisais ces histoires, adolescent, et qu’elles me fichaient réellement la trouille ! Ah, les souvenirs…

Cet article fait partie du défi des 52 genres. J’y explique ma compréhension du genre après une seule semaine de recherche : je ne prétends pas être un expert. Les explications sur le défi se trouvent ici.

creepypasta

Qu’est-ce qu’une Creepypasta ?

Ce mot est dérivé de copypasta qui est un bloc de texte qu’on a tellement copié-collé (copy-paste en anglais) qu’on en a perdu la source.
Il se mêle à « creepy », que l’on pourrait traduire par « effrayant, malsain, dérangeant ».
Une creepypasta c’est donc ça, à l’origine : des légendes urbaines, inquiétantes et dérangeantes, qui se transmettent sur internet.

Le texte peut s’accompagner d’autres médias pour ajouter de la crédibilité, ou une dimension malsaine, à l’histoire : images, vidéos, enregistrements audios…

Mes lectures de creepypasta

Je dois dire que certaines creepypasta m’ont plus impacté que je ne l’aurais cru. Il y a quelque chose de si… malsain parfois, qu’il est dur de ne pas se laisser entraîner. Particulièrement pour Suicide Mouse. Je ne recommanderais pas les lectures ci-dessous aux âmes sensibles.

slenderman - la plus célèbre des creepypasta
Le Slenderman © LuxAmber
  • J’ai lu la creepypasta la plus connue, à savoir celle du Slenderman. Une tentative de meurtre a carrément été revendiquée en son nom, par deux préadolescentes aux États-Unis. Je l’avais dit que ça foutait la trouille, adolescent. Y’en a que ça a sacrément impacté
  • Le Syndrome de Lavanville : avant de lire cette histoire, il faut écouter cette musique (pas forcément en entier, hein). C’est important de le faire dans cet ordre 😉
  • Suicide Mouse, un épisode prétendument manquant de la série Mickey Mouse.

Comment écrire une bonne creepypasta ?

Les ingrédients de base

Un sujet fantaisiste

Entités mystérieuses, cartouches de jeu vidéo hantées, cassette d’épisode perdu et maudit (d’un dessin animé connu, comme Mikey Mouse) : tout ce qui est étrange se prête bien aux creepypasta !

Du choc

La creepypasta est un sous-genre de l’horreur : créer une réaction de peur reste central !

De la paranoïa

paranoïa

Tu dois rendre le lecteur nerveux, inquiet à propos de son environnement. Créer de la paranoïa en lui ; remettre en cause ses certitudes. Si tu arrives à ce que ton lecteur se retourne − juste pour vérifier − tu as tout réussi !

De l’effroi

Donne à ton lecteur le sentiment terrible que quelque chose de terrible va se produire. Une impression cauchemardesque.

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Les choix narratifs

Point de vues narratif

  • Première personne en tant que héros − héros dans le sens : celui auquel il arrive quelque chose de terrible. Vu qu’il va être effrayé et sans doute en danger de mort, ses sens seront décuplés ; utilise ça pour définir l’ambiance.
  • Première personne en tant que la « chose » : ne fait PAS ça. Ça rend mal, ce n’est pas le but de la creepypasta. Pour avoir peur et sentir la paranoïa, il faut que le lecteur soit face à un danger.)
  • Deuxième personne : Ça peut être efficace, mais c’est difficile à bien faire marcher ; et si le lecteur ne rentre pas dans ton histoire, ça peut très vite tourner au comique.
  • Troisième personne : La plus courante et la plus sûre ; avec ça, tu ne peux pas te tromper !

Rester vague VS être spécifique

C’est un choix. Tu peux soit décider de ne pas nommer les villes et personnages pour donner un sens de mystère, ou alors être hyper spécifique (donner le nom exact des entreprises, des personnes…). Le fait que l’histoire puisse être réelle ajouter quelque chose à l’effroi

Comment créer la peur

L’inconnu

Parle de quelque chose d’inexpliqué et donne-lui un semblant de crédibilité. N’hésite pas à utiliser la science quand ça t’arrange pour cela.

Le flou

Le flou n’est pas la même chose que l’inconnu ; on parle ici d’une image floue, d’une vidéo de mauvaise qualité, d’un audio à peine compréhensibles… En soit, quelque chose dont la provenance semble incertaine et à laquelle la mauvaise qualité rajoute un côté inquiétant, voire malsain.

Transformer ce qui est familier

Transformer ce qui est familier va briser les certitudes de lecteur et renforcer sa paranoïa

Les Enfants

Une histoire à propos d’un enfant effraie plus, en général. Ils sont vus comme innocent et sans défense. On ne veut pas qu’il leur arrive du mal…

Les miroirs

Je parlais de détourner la réalité. Et bien avec les miroirs, vous êtes servis… Il y a de quoi faire : déformer l’image qu’ils renvoient, ou les transformer en portails vers des mondes parallèles… Ça marche aussi avec les écrans 😉

L’abandon

Cela peut effrayer pour deux raisons : un protagoniste seu et la paranoïa du lecteur vont bientôt s’unir pour le pousser à se demander : pourquoi cet endroit a-t-il été abandonné. Qui vivait ici ? Y a-t-il des reliques du passé entre ces murs ?

La technologie dysfonctionnelle

Une technologie qui se retourne contre nous est effrayante. Encore une fois, la distorsion de la réalité. La technologie est censée marcher, nous servir. Alors, quand elle en fait qu’à sa tête et devient dangereuse pour nous…

La description des visages

Une bonne façon de créer un monstre qui met mal à l’aise est de décrire ses yeux, dents et sourire d’une façon… glauque !

Le récit d’une creepypasta

Que faire contre la « chose » ?

monstre de creepypasta

Certains protagonistes vont essayer de se battre contre elle, mais ils vont systématiquement échouer. Elle est là pour faire peu, elle ne peut pas être vaincue par le protagoniste ; et ça doit être clair.

Dans le même thème :  Défi #1 : l’horreur lovecraftienne (ou cosmique)

La plupart des protagonistes vont plutôt tenter de la fuir ou de l’ignorer.

Il est aussi intéressant d’explorer un personnage qui n’a pas conscience de la « chose ». De ce qui cloche. Alors que le lecteur, lui, commence à comprendre peu à peu…

Le début d’une creepypasta

Les creepypasta sont des nouvelles ; il font donc retenir l’attention du lecteur dès les premières lignes. Le début est très important ; il indique à quel point la creepypasta sera engageante, effrayante : le premier paragraphe donne le ton.

Commence l’histoire sans fantastique, mais on prépare le terrain (avec du foreshadowing par exemple). Donne à tes lecteurs une impression de normalité, pour mieux la distordre ensuite.

Renforce le suspense… S’il monte suffisamment haut, tes lecteurs vont commencer à psychoter, à devenir paranos, voire effrayés. Donc mise à fond sur l’atmosphère !

Le milieu de l’histoire

Partir de la fin est particulièrement important ici. Il faut partir de l’idée effrayante que tu as eue, et construire l’histoire en fonction de ça. Toujours la garder à l’esprit.

Aussi : pense à prendre une idée qui TE fait peur : tu seras plus précis dans la description de ce que ton héros ressent.

Et enfin, garde ton histoire courte : une creepypasta est une nouvelle faite pour être brève et impactant. Donc, va à l’essentiel.

La fin

Tuer le protagoniste ne suffit pas : c’est presque décevant, après tout les efforts pour instaurer du suspens et une ambiance angoissante. Une disparition fait par exemple une bien meilleure fin.

foret creepy
on recherche encore le corps…

Le but est de trouver une chute sans relâcher la tension. Les fins possibles sont :

  • La « chose » a disparu ; le lecteur ne sait pas où elle est allée. Cela fait continuer l’histoire à travers la paranoïa du lecteur !
  • Conclure sur une incertitude vis-à-vis de ce qu’il s’est réellement passé. Conclure sur une note à la fois confusante, mais orientée.
  • Finir sur un point culminant : on est au milieu de l’action, au moment crucial… et fin ! On ne connaît pas la suite. En quelque sorte, c’est une façon de réunir les deux fins précédentes.

Compte-rendu de défi

Est-ce que ça m’a plu ?

Ça a été perturbant de lire les creepypasta. Je comprends pourquoi ça me foutait la trouille, adolescent ! C’est quelque chose !

Quant à l’écriture de la nouvelle, j’ai eu un peu de mal. Je suis parti sur une première version, je l’ai revisitée, j’ai eu envie de tout recommencer… Mais au final, je suis satisfait de ce à quoi je suis arrivé. Ça m’a sorti de ma zone de confort − bien que j’ai beaucoup aimé l’écrire, et que le premier jet m’est venu facilement !

Cette fois-ci, je ne te donne pas d’informations sur la nouvelle avant de la lire. Je te laisse découvrir ça…

PS : Si tu connaissais déjà les creepypasta, ou que tu viens d’en lire avec cet article, laquelle t’a le plus marqué ? Et qu’est-ce que tu as trouvé le plus terrible ? Dis-moi tout en commentaire !

Nouvelle #6 : creepypasta

Télécharger la nouvelle (pdf)

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Je suis Lorenzo VILLARD, un jeune auteur de 22 ans qui s’est lancé un incroyable défi…

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